Ben voila, donc en gros ma production actuelle (donc by moi -_-')...
Qu'il y avait-il de mieux pour qualifier un endroit beau et vide que le mot Néant. Néant, Néant, Néant. J'aimais me répéter ce mot. Car j'étais sure, je savais que Le lieu se nommait comme cela. Et sans avoir prononcé un mot, Jean-Baptiste et moi l'avons appelé ainsi à chaque fois que l'on en parlait.
Mais bien plus que le nom, nous avons trouvé le pourquoi du Néant. Enfin. Le presque pourquoi. Car cet endroit restera toujours un insondable mystère. Le Néant, était, tout simplement, et aussi incroyable que cela puisse paraitre, le passage vers les autres mondes. Alors que les adultes cherchaient désespérément dans la galaxie et dans l'univers de la vie sur d'autres planètes, nous, nous nous y rendions à volonté. Nous avions lu, A la croisée des mondes. « Il existe des myriades de mondes ». Rien de plus vrai. L'univers comme l'entendent les scientifiques, est rempli d'étoiles, d'astéroïdes de planètes, comme chacun sait. Ce que chacun ne sait pas, ou a peur de savoir, c'est que tellement d'autres êtres –humains ou non- vivaient à des années lumières de nous. Sans le savoir, la science et la magie se mêlaient harmonieusement. Les mondes que nous pouvions visiter allaient de planètes totalement inconnues, aux romans best-sellers les plus populaires. Pour chaque livre, il y avait un monde, ou presque. Pour chaque film, il y avait un monde, ou presque. Eh oui. N'oublions pas les sagas avec plusieurs opus. Mais pas seulement. Certains écrivains, ou scénaristes, sans le savoir, bien sur, hébergeaient leurs histoires dans le même monde. Tout simplement parce que leurs histoires étaient compatibles. Toutes ces déductions, nous les murissions à deux, avec Jean-Baptiste, et nous les vérifiions tout de suite après avoir les avoir émises. Ainsi nous nous appropriions l'endroit, et une infime part de ses secrets. En voyageant, nous découvrîmes que nous pouvions créer des mondes. Les supprimer. En créer juste pour avoir le décor d'une histoire à vivre, pour un soir. Bien entendu, rien avoir avec un travail fastidieux, comme celui d'un écrivain, ou de quiconque créé. Ces gens construisent un monde, ou une histoire à insérer à l'intérieur d'un de ceux déjà inventés, avec précision, minutie. Et aussi, que nous pouvions avoir autant de vies que de mondes. S'appeler différemment selon les traditions...Tout en gardant une apparence à peu près similaire et un caractère inaltérable. Je prenais plaisir à me vieillir dans un monde, à me rajeunir dans un autre, à être princesse ou gardienne de cochons...Certaines vies, je les effaçais, je les trouvais salissantes envers le monde. Mais d'autres lui apportait une petite étincelle de ce que j'aimais bien en moi. Mon autre « je » vivait donc. Une petite partie de moi à des années lumières...Quand ça nous arrive, on ne s'en rend pas compte. Je ne me sentais pas divisée. Au contraire, depuis que j'allais dans le Néant, je me sentais plus forte, et plus mure. Plus courageuse. Je sentais la magie m'accompagner dans chacun de mes gestes, chacune de mes paroles. Comme une seconde nature. Cela devint une habitude. Cela faisait partie de moi. J'étais une part du Néant comme le Néant était une part de moi. Et je savais que c'était pareil pour Jean-Baptiste. Lui aussi faisait partie de moi. Je m'en rendis compte très vite en remarquant les pincements au c½ur à la mention de son nom, la douleur quand il avait mal, le bonheur quand il était heureux. Empathie. J'ai cherché dans le dictionnaire. C'est ça. C'est de l'empathie affective. Et cela nous rendait heureux et forts. Pas d'explication rationnelle. D'ailleurs, au cours du temps, notre esprit n'eut plus besoin de rationnel. Nous avions assez d'imagination pour s'en passer. Nous croyions dur comme fer à notre relation, à l'existence du Néant, aux autres mondes. Voila pourquoi tout ceci était secret. Nos grandes questions étaient justes : sommes-nous seuls ? Peut-on former quelqu'un de sorte à ce qu'il soit Néanteur ? Car si l'endroit s'appelait Néant, alors nous étions des Néanteurs. Logique. Illogique. Et comme le nom du lieu, nous le savions, c'était tout. Nous étions des Néanteurs, pas besoin d'en dire plus. Ça suffisait.
Dédicace aux Néanteurs et à ceux qui suivent leurs aventures
Dédicace spéciale à Louise F. et Corentin G.